Actualité santé · Endométriose · 11 septembre 2026
L’ANSM vient de renforcer l’information des femmes utilisant une contraception à base de désogestrel 75 µg en raison d’un risque très faible de méningiome. Pour les patientes atteintes d’endométriose, cette actualité soulève une question plus large : comment articuler traitements médicaux et approches complémentaires de la douleur ?

À retenir en 30 secondes
- Le signal concerne le désogestrel 75 µg utilisé de façon prolongée ; le risque absolu reste très faible.
- L’ANSM recommande de ne pas arrêter sa contraception sans avis médical.
- En cas d’endométriose, l’ostéopathie ne remplace pas le traitement médical, mais une approche manuelle peut s’intégrer à une prise en charge complémentaire des douleurs et tensions pelviennes.
Que vient d’annoncer l’ANSM sur le désogestrel ?
Le 10 septembre 2026, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé l’envoi d’un courrier personnalisé aux femmes ayant eu une prescription remboursée de désogestrel 75 µg au cours des douze derniers mois. Le but est d’informer directement les utilisatrices d’un risque rare de méningiome associé à cette contraception progestative.
Les spécialités concernées comprennent notamment Antigone, Cerazette, Elfasette, Optimizette et plusieurs génériques de désogestrel 75 µg. Recevoir ce courrier ne signifie pas qu’un méningiome a été diagnostiqué ou suspecté.
Important : l’ANSM recommande de poursuivre la contraception et de ne pas l’interrompre de sa propre initiative. La réévaluation se fait avec le médecin ou la sage-femme, en tenant compte de l’âge, de la durée d’exposition, des antécédents et des alternatives possibles.
Quel est réellement le niveau de risque ?
L’étude EPI-PHARE, menée à partir du Système national des données de santé, a comparé 8 391 femmes opérées d’un méningiome intracrânien entre 2020 et 2023 à 83 910 témoins. Pour le désogestrel 75 µg, un sur-risque a été observé lors d’une exposition en cours ; il devient surtout visible avec les utilisations prolongées.
Le risque apparaît à partir d’environ cinq ans d’utilisation et augmente avec la durée. Au-delà de sept ans, l’association observée était environ doublée par rapport aux femmes non exposées dans cette étude. Le signal est particulièrement retrouvé à partir de 45 ans.
En valeur absolue, le risque reste cependant très faible : EPI-PHARE estime environ un cas de méningiome opéré pour 67 000 femmes exposées au désogestrel toutes durées confondues, et environ un cas pour 17 000 femmes exposées plus de cinq ans. Le sur-risque n’était plus observé après plus d’un an d’arrêt dans les données analysées.
La bonne lecture n’est donc ni « aucun risque », ni « pilule dangereuse ». Il s’agit d’un signal rare mais documenté, qui justifie une information claire et une réévaluation individuelle du rapport bénéfice-risque.

Pourquoi cette actualité concerne aussi certaines femmes atteintes d’endométriose ?
Le désogestrel est avant tout un contraceptif progestatif. Mais il peut aussi être utilisé dans le contexte de l’endométriose : le rapport EPI-PHARE rappelle qu’il a été recommandé en France comme option de deuxième intention dans cette indication, notamment dans des usages hors autorisation de mise sur le marché selon les situations.
Les traitements hormonaux restent une composante importante de la prise en charge de l’endométriose, en particulier pour réduire les douleurs et limiter l’activité cyclique. Cette nouvelle information de sécurité ne signifie pas qu’ils doivent être rejetés. Elle rappelle plutôt qu’une stratégie thérapeutique doit être individualisée et régulièrement réévaluée.
Endométriose : les douleurs ne sont pas uniquement une question hormonale
L’endométriose est une maladie complexe. Les lésions, l’inflammation, la sensibilisation du système nerveux, le plancher pelvien, les adhérences, la mobilité lombo-pelvienne et les contraintes mécaniques peuvent participer différemment aux symptômes selon les patientes.
C’est pour cette raison qu’une prise en charge multidisciplinaire peut être pertinente. Elle peut associer suivi gynécologique, traitements médicamenteux ou chirurgie lorsqu’ils sont indiqués, activité physique adaptée, kinésithérapie pelvi-périnéale, prise en charge de la douleur et, chez certaines patientes, thérapies manuelles.
Une méta-analyse publiée en 2026 dans Pain Medicine a retrouvé une diminution significative de la douleur pelvienne associée à l’endométriose avec différentes techniques de physiothérapie, avec un effet plus marqué pour certaines approches appliquées localement. Une autre revue systématique et méta-analyse publiée en 2026 rapporte également des améliorations de la douleur, de la dyspareunie et de la qualité de vie avec plusieurs modalités de rééducation physique.
Ces données concernent la physiothérapie et différentes interventions physiques ; elles ne démontrent pas à elles seules l’efficacité d’un protocole ostéopathique particulier.

Quelle place pour une approche mécanique manuelle ?
Au cabinet, mon approche de l’endométriose est complémentaire du suivi médical. Je ne cherche pas à traiter ou faire disparaître les lésions d’endométriose. Le travail porte sur les éléments mécaniques qui peuvent participer à l’inconfort : bassin, sacrum, diaphragme, paroi abdominale, mobilité des tissus pelviens et environnement ligamentaire de l’utérus.
J’utilise notamment des techniques myofasciales et des mises en tension ligamentaires progressives, adaptées à la sensibilité de la patiente et au moment du cycle. Chez certaines patientes, je privilégie une séance quelques jours avant les règles afin de travailler sur les tensions pelviennes avant la phase de contractions menstruelles.
L’objectif clinique est simple : réduire certaines contraintes mécaniques et améliorer le confort, notamment lorsqu’il existe des règles douloureuses, des douleurs pelviennes, des tensions lombaires ou des symptômes abdomino-pelviens associés.
Cette approche ne constitue pas une « alternative au désogestrel » et ne doit pas conduire à modifier un traitement prescrit. Elle répond à une autre composante de la prise en charge : les symptômes et les contraintes mécaniques pouvant accompagner l’endométriose.
Quand faut-il demander un avis médical rapidement ?
L’ANSM rappelle plusieurs symptômes pouvant conduire à consulter : aggravation inhabituelle des maux de tête, troubles de la vision ou de l’audition, perte d’odorat, troubles de mémoire, convulsions ou faiblesse d’un bras ou d’une jambe. Ces signes ne signifient pas nécessairement qu’un méningiome est présent, mais ils nécessitent un avis médical.
Pour une question sur le maintien, l’arrêt ou le changement d’un contraceptif ou d’un traitement hormonal, l’interlocuteur reste le médecin, le gynécologue ou la sage-femme.
Questions fréquentes
Faut-il arrêter le désogestrel après l’annonce de l’ANSM ?
Non, pas de sa propre initiative. L’ANSM recommande de ne pas interrompre la contraception sans avis médical. Une consultation de routine permet de réévaluer la situation individuelle.
Le désogestrel est-il utilisé pour l’endométriose ?
Oui, il peut être utilisé dans certaines situations. Le rapport EPI-PHARE rappelle son utilisation comme option de deuxième intention dans l’endométriose, selon le contexte clinique.
L’ostéopathie peut-elle remplacer un traitement hormonal ?
Non. L’ostéopathie n’a pas le même objectif et ne remplace ni le diagnostic, ni le suivi gynécologique, ni les traitements prescrits. Elle peut intervenir en complément sur certaines douleurs et tensions mécaniques.
Quand consulter en ostéopathie en cas d’endométriose ?
Le calendrier dépend des symptômes et du cycle. Dans mon protocole clinique, je privilégie souvent une séance quelques jours avant les règles lorsqu’elles constituent la période la plus douloureuse.
Douleurs d’endométriose : découvrir mon approche mécanique à Montpellier
Ma page dédiée détaille le bilan, les techniques manuelles utilisées, le rôle du bassin et de l’environnement utérin, ainsi que les données scientifiques disponibles sur les approches physiques de la douleur.
Voir l’approche ostéopathique de l’endométriosePrendre rendez-vous
Sources
- ANSM — information aux utilisatrices de désogestrel, 10 septembre 2026.
- EPI-PHARE — Contraception orale progestative et risque de méningiome intracrânien.
- Can G. et al. — Physiotherapy for endometriosis-associated pelvic pain: systematic review and meta-analysis, 2026.
- Mena-González A. et al. — Physical therapy techniques in endometriosis symptoms: systematic review with meta-analysis, 2026.
Article d’information générale. Il ne remplace pas une consultation médicale ni un avis personnalisé sur un traitement.
